Ray Reboul : du mannequinat à la réalisation, un parcours entre cinéma et séries ivoiriennes

Acteur et réalisateur franco-ivoirien, Ray Reboul s’est fait connaître dans des productions comme Rêve sans faim, Sœurs ennemies et Le Gendarme d’Abobo. Né à Abidjan et élevé en partie en France, il pratique les claquettes américaines et travaille comme mannequin avant de rejoindre les plateaux de cinéma. Au fil des tournages, il élargit son activité à l’assistanat de réalisation et à la direction de production. En 2026, il coréalise avec Samuel Codjovi L’Agence, une série de soixante épisodes diffusée sur NCI.
Une enfance entre la Côte d’Ivoire et la France
Raymond Emmanuel Reboul, connu sous le nom de Ray Reboul, naît à Abidjan, d’un père français et d’une mère ivoirienne. Pendant son enfance, ses parents l’envoient en France auprès de sa grand-mère paternelle, chez qui il poursuit sa scolarité.
Il étudie l’économie et la gestion, mais s’intéresse également aux métiers artistiques. La danse occupe une place importante dans sa formation : il pratique les claquettes américaines pendant de nombreuses années et participe à des stages, notamment aux États-Unis.
Cette discipline lui apporte une expérience de la scène et un travail régulier sur le rythme, la coordination et la précision du mouvement. Avant son entrée dans le cinéma, il possède donc déjà une pratique artistique fondée sur le corps et la représentation.
Il se tourne aussi vers le mannequinat. Il pose et défile pour différentes marques, dans un univers où il apprend à travailler avec les photographes, les équipes de création et les exigences de l’image.
Le mannequinat avant les premiers rôles
La carrière de Ray Reboul ne commence pas directement par le cinéma. Le mannequinat constitue une première activité professionnelle dans un milieu où l’apparence et la présence devant l’objectif occupent une place centrale.
Cette expérience ne se confond toutefois pas avec le métier d’acteur. Le passage à la fiction lui demande d’aborder d’autres dimensions : comprendre un personnage, interpréter un dialogue et construire des relations avec des partenaires.
Il connaît également une exposition télévisuelle en participant, en 2006, à l’émission française de téléréalité L’Île de la tentation. Cette apparition précède ses premiers rôles de fiction et appartient à une autre étape de son parcours médiatique.
La rencontre décisive pour le cinéma intervient ensuite avec Christian Lara. Le réalisateur guadeloupéen lui propose des rôles qui lui permettent de développer une activité d’interprète dans des productions tournées entre plusieurs espaces francophones.
Christian Lara, une rencontre déterminante
À la fin des années 2000, Ray Reboul rejoint la distribution du Mystère Joséphine, aux côtés notamment de Brigitte Fossey et de Jimmy Jean-Louis. Cette expérience figure parmi ses premiers repères à l’écran.
Il travaille ensuite avec Christian Lara sur plusieurs longs métrages, dont Tout est encore possible, The Legend, Intimités et Esclave et Courtisane. La répétition de ces collaborations lui permet de gagner en expérience et de ne pas limiter son entrée dans la fiction à une apparition isolée.
Dans Tout est encore possible, il interprète le sénateur Constant. Ce rôle lui apporte une récompense d’interprétation masculine à Abidjan, mentionnée dans ses notices professionnelles.
Cette période joue un rôle de transition. Après la danse et le mannequinat, Reboul commence à construire une filmographie et à se définir durablement comme acteur. Ses collaborations se développent ensuite dans les séries africaines francophones.
Rêve sans faim et Sœurs ennemies, la reconnaissance dans les séries
En 2013, Ray Reboul interprète Jack Lenoir dans Aimé malgré lui, réalisé par Didier Ndenga. Il apparaît également dans Breach, de Christine Rugurika, où il joue Lorenzo de Souza.
Avec Rêve sans faim, réalisé par Erico Séry et Yurandy Sodre, il tient le rôle de Carlos Touré, un agent de football qui trompe de jeunes joueurs africains désireux de réussir à l’étranger. Le personnage s’inscrit dans un récit consacré aux promesses de réussite et aux abus qu’elles peuvent susciter.
Cette collaboration avec Erico Séry se poursuit dans Sœurs ennemies. Reboul y interprète Olivier Kalou et retrouve le personnage au fil des saisons.
Ces séries contribuent à sa notoriété auprès des publics d’Afrique francophone. Elles lui offrent aussi une expérience de personnages suivis sur plusieurs épisodes, dont les relations et les intentions doivent conserver une cohérence dans la durée.
Sœurs ennemies, travailler aussi derrière la caméra
Sur Sœurs ennemies, Ray Reboul ne se limite pas à l’interprétation. Il exerce également comme premier assistant réalisateur et directeur de production sur la deuxième saison.
Cette évolution élargit sa connaissance du métier. Un acteur prépare ses scènes et son personnage ; l’assistant réalisateur intervient aussi dans la coordination du tournage. La direction de production ajoute les questions de moyens et d’organisation.
Il occupe des fonctions comparables sur Fournaise, entre 2018 et 2019. Au fil des projets, il développe donc une expérience qui associe le travail artistique à la fabrication concrète d’une production.
Cette étape aide à comprendre son passage ultérieur à la réalisation. Il ne rejoint pas ce poste uniquement après une carrière devant l’objectif : il a aussi travaillé dans les équipes chargées de préparer et de conduire les tournages.
Du Gendarme d’Abobo à Citation, élargir la filmographie
Ray Reboul poursuit parallèlement son activité d’acteur au cinéma. Il apparaît notamment dans Le Gendarme d’Abobo, puis dans Perfidie et Le Retour du gendarme d’Abobo.
Ces films lui permettent de travailler avec plusieurs figures de la comédie ivoirienne, dont Michel Gohou. Ils s’ajoutent à une filmographie où les productions populaires coexistent avec d’autres types de récits.
En 2020, il rejoint Citation, du réalisateur nigérian Kunle Afolayan, diffusé sur Netflix sous le titre français La Convocation. Il y interprète Kadoza.
Cette participation l’inscrit dans une production qui dépasse l’espace ivoirien et francophone. Son parcours se développe ainsi à travers des collaborations qui l’amènent à travailler dans plusieurs pays et avec des équipes différentes.
Il joue également dans Les Coups de la vie, notamment dans le récit Je ne suis pas ma mère, où il interprète Franck. Plus récemment, sa filmographie comprend Gla, le thriller de Landry Agbadou sorti en 2024.
La réalisation, une nouvelle responsabilité
Ray Reboul développe aussi ses propres activités de mise en scène. Sa filmographie professionnelle mentionne notamment la série Vingt-et-un 21, en 2019, puis Nina Torres, en 2025.
Il réalise également des films institutionnels. En 2023, il travaille ainsi sur une production consacrée à Assinie, destinée à promouvoir la station balnéaire.
Ces projets ne répondent pas aux mêmes objectifs qu’une fiction télévisée. Ils montrent néanmoins que la réalisation devient une activité à part entière dans sa carrière, au-delà de ses interventions comme assistant ou directeur de production.
La polyvalence de son parcours repose sur cette accumulation d’expériences : interpréter, organiser un tournage, gérer une production et diriger les images.
L’Agence, une coréalisation avec Samuel Codjovi
En 2026, Ray Reboul coréalise avec Samuel Codjovi L’Agence, une série coproduite par NCI et SOL-PRODD Consulting. Présentée en avant-première au cinéma Pathé Cap Sud, à Marcory, elle est diffusée à partir du 20 juillet sur NCI.
Le programme compte soixante épisodes et développe un univers de secrets familiaux, d’ambitions, de manipulations et de rapports de pouvoir. Ce format nécessite de maintenir une continuité sur un volume important de scènes et de tournages.
Lors de sa présentation, Reboul explique avoir été attiré par la force de l’histoire, ses rebondissements et ses personnages complexes. Il met également en avant une recherche visuelle destinée à donner à chaque image une fonction dans le récit.
La coréalisation suppose une responsabilité partagée. Avec Samuel Codjovi, il doit inscrire son travail dans une même direction artistique, afin que la série conserve son unité malgré l’ampleur de sa fabrication.
En octobre 2026, leur travail est nommé aux NISA dans la catégorie de la meilleure réalisation de série télévisée. Il s’agit alors d’une nomination, et non d’un prix déjà remporté.
Une carrière construite par le passage entre les métiers
Le parcours de Ray Reboul relie des activités souvent présentées séparément : la danse, le mannequinat, l’interprétation et la réalisation audiovisuelle. Chacune correspond à une étape différente, mais toutes participent à sa formation au travail de l’image et de la représentation.
Sa place dans les séries ivoiriennes s’est d’abord construite à travers des personnages comme Carlos Touré et Olivier Kalou. Elle s’est ensuite élargie aux responsabilités de production et de mise en scène.
Avec L’Agence, il franchit une nouvelle étape dans cette évolution. L’acteur continue de jouer dans les œuvres d’autres réalisateurs, tout en prenant directement part à la conduite de projets sériels. Son parcours illustre ainsi une carrière développée par l’apprentissage successif de plusieurs métiers du plateau.



