Lafalaise Dion, les cauris comme langage

Reprendre possession d’un symbole
Le travail de Lafalaise Dion commence par une attirance ancienne pour les cauris. Ces petits coquillages l’intéressent autant pour leur forme que pour leurs significations culturelles et spirituelles. Avant de lancer ses créations en 2018, elle consacre plusieurs années à se documenter sur leur histoire et leur place dans les cultures africaines.
Cette recherche répond aussi à un malaise : elle raconte avoir grandi dans un environnement où les cauris pouvaient être regardés avec méfiance ou diabolisés. Les porter devient alors une manière de contester ces représentations.
Entre accessoire, sculpture et affirmation culturelle
Coiffes, parures et pièces portées sur le corps composent un univers qui se situe aux frontières de la mode et de l’art. Le cauri n’est pas simplement ajouté comme une décoration : il constitue la matière centrale et le vocabulaire de la création.
Lafalaise Dion se distingue ainsi des maisons principalement consacrées au vêtement. Son travail transforme l’accessoire en présence majeure, capable de modifier entièrement la silhouette et la manière dont un corps apparaît.
Instagram, une vitrine décisive
Les réseaux sociaux jouent un rôle direct dans sa reconnaissance. Une styliste de Beyoncé repère son compte Instagram en 2019, alors qu’elle travaille sur un projet lié à Solange Knowles. Des collaborations suivent sur Spirit, puis Black Is King.
Pour Lafalaise Dion, cette visibilité n’annule pas la dimension culturelle du projet. Elle lui offre un espace de diffusion. L’objet qui pouvait susciter la gêne devient une pièce exposée à l’échelle internationale, portant avec elle une revendication de dignité et de réappropriation spirituelle.



