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Marie-Louise Asseu : de Faut pas fâcher à la réalisation, le parcours de « Malou »

Comédienne, réalisatrice et animatrice ivoirienne, Marie-Louise Asseu s’est fait connaître à la télévision dans Faut pas fâcher, puis dans Ma Famille. Surnommée « Malou », elle a ensuite développé ses propres projets, à commencer par Un homme pour deux sœurs, présenté en 2007. Formée par la pratique du théâtre, elle a mené une carrière entre interprétation, réalisation et animation culturelle jusqu’à sa mort, le 7 décembre 2016 à Abidjan.

Du Théâtre national à la troupe Le Soleil de Cocody

Née le 21 novembre 1966, Marie-Louise Asseu porte à l’état civil le nom de Cho Françoise Kouassi. Elle fait ses premiers pas dans le spectacle au Théâtre national de Côte d’Ivoire, avant de rejoindre la troupe Le Soleil de Cocody. La scène constitue ainsi son premier cadre de formation professionnelle.

Cette expérience précède sa notoriété télévisuelle. Elle lui permet d’apprendre le travail d’interprétation au sein d’un collectif, avant de retrouver d’autres partenaires et d’autres exigences sur les plateaux de tournage. Lors de l’hommage diffusé après sa disparition, la Radiodiffusion Télévision ivoirienne rappelle ces débuts au théâtre comme le point de départ de son engagement dans la vie culturelle.

Le passage à la télévision donne ensuite une autre visibilité à son travail. Son nom devient progressivement familier aux téléspectateurs, tandis que « Malou », son surnom, accompagne durablement sa carrière publique.

Faut pas fâcher, une première reconnaissance à la télévision

En 1995, Marie-Louise Asseu rejoint l’équipe de Faut pas fâcher. Cette série satirique constitue l’une des étapes décisives de son parcours : elle lui permet de toucher un public plus large que celui des représentations théâtrales. La RTI présente sa participation comme le moment où elle accède à une reconnaissance nationale et internationale.

Le programme lui offre un espace pour travailler la comédie à partir de situations sociales et de relations entre les personnages. Son expérience scénique trouve ainsi un prolongement à l’écran, dans une production où l’efficacité de l’interprétation repose aussi sur les échanges, les réactions et le rythme des scènes.

Cette période est importante pour comprendre la suite de sa carrière. Avant de devenir réalisatrice, Marie-Louise Asseu accumule une expérience d’actrice dans des équipes de télévision. Elle apprend à connaître le fonctionnement d’un tournage et les contraintes d’une fiction destinée à un public régulier.

Dans Ma Famille, une rivale de Delta qui impose son autorité

Entre 2003 et 2007, Marie-Louise Asseu apparaît dans Ma Famille, la série créée par Akissi Delta. Elle y interprète une rivale de Delta, dans un univers dominé par les conflits conjugaux, les jalousies et les rapports de force familiaux.

Son personnage se distingue par son assurance et son autorité. Dans son hommage, la RTI rappelle une femme capable d’intimider Bohiri et sa mère. Cette présence contribue à la dynamique de la série : face aux autres protagonistes, elle introduit une résistance et une confrontation qui nourrissent les situations comiques.

Le rôle renforce sa popularité, mais ne marque pas l’aboutissement de ses ambitions. Alors qu’elle reste identifiée comme interprète, elle prépare son passage à la création de ses propres œuvres. La question n’est plus seulement de jouer un personnage dans une histoire écrite par d’autres, mais de choisir elle-même le récit à porter à l’écran.

Un homme pour deux sœurs, le premier film derrière la caméra

En 2007, Marie-Louise Asseu présente Un homme pour deux sœurs, son premier long métrage. La presse annonce le film au cinéma Ivoire dès février de cette année. Cette réalisation ouvre une nouvelle étape de son parcours professionnel.

L’histoire repose sur une trahison au sein d’une famille. Une femme soutient sa mère, ses frères et ses sœurs, puis accueille sa sœur dans son foyer. Son mari s’éprend de la jeune femme, au point de chasser son épouse. Le conflit conjugal devient ainsi indissociable d’une rupture de confiance entre proches.

Le sujet donne une place centrale aux conséquences de l’infidélité. La menace ne vient pas d’une personne extérieure au cercle familial, mais de celle à qui l’épouse a ouvert sa maison. Le récit associe donc deux blessures : la déloyauté du conjoint et l’effondrement d’une solidarité entre sœurs.

En passant à la réalisation, Marie-Louise Asseu prend la responsabilité de l’ensemble du récit. Elle demeure également actrice, mais son travail s’étend désormais à la conduite du projet et à la direction de ses partenaires. Ce changement de position prolonge les années d’expérience acquises au théâtre et à la télévision.

L’Histoire des copines et Les Infidèles, la poursuite des projets personnels

Marie-Louise Asseu poursuit avec L’Histoire des copines, que la RTI situe en 2008. Elle ne reste donc pas sur une première expérience isolée : la réalisation devient une composante durable de son activité.

En 2012, Les Infidèles s’ajoute à sa filmographie. Avec Un homme pour deux sœurs, ces titres montrent la place occupée par les relations sentimentales, les liens entre proches et les conflits du couple dans les projets auxquels son nom est associé.

Parallèlement, elle continue d’accepter des rôles. Elle apparaît notamment dans Sah Sandra, en 2010, puis dans Le Mec idéal, le film d’Owell Brown sorti en 2011. Son passage derrière la caméra ne se fait donc pas au détriment de l’interprétation : les deux activités coexistent.wikipedia+1

Cette continuité distingue son parcours. La comédienne devenue réalisatrice ne quitte pas les plateaux des autres cinéastes. Elle poursuit son travail d’actrice tout en développant les histoires qu’elle souhaite elle-même raconter.

L’animation télévisée et l’engagement culturel

La carrière de Marie-Louise Asseu comprend également l’animation et la participation à des émissions de télévision. En 2016, elle intervient comme chroniqueuse dans Essentiellement femme, sur RTI 1, et dans La Petite Causerie, diffusée sur RTI 2. Ces activités lui permettent de conserver une relation avec le public en dehors des personnages de fiction.

Elle est aussi la promotrice du Festival Limale. Cette initiative ajoute l’organisation culturelle à ses activités d’interprète et de réalisatrice. Son engagement ne se limite donc pas aux productions dans lesquelles elle apparaît : il comprend également la création d’un cadre de rencontre et de manifestation artistique.

Associée à la défense de la culture attié, elle occupe ainsi plusieurs fonctions dans le paysage culturel ivoirien. Théâtre, fiction télévisée, cinéma, chroniques et festival composent un parcours construit dans plusieurs espaces, plutôt qu’autour d’un métier unique.

Une disparition à cinquante ans

Marie-Louise Asseu meurt le 7 décembre 2016 à Abidjan, des suites d’un accident vasculaire cérébral. Elle venait de fêter ses cinquante ans. Sa disparition suscite une vive émotion dans le milieu artistique ivoirien, où elle avait travaillé avec de nombreux comédiens, réalisateurs et professionnels de la télévision.

L’hommage de la RTI retrace alors les principales étapes de sa carrière : les débuts au Théâtre national, Faut pas fâcher, Ma Famille, les premières réalisations et les dernières interventions comme chroniqueuse. Cette diversité rappelle l’étendue de son activité, au-delà des seuls rôles qui l’ont rendue célèbre.

Le parcours de Malou illustre le passage d’une comédienne de troupe à une personnalité capable de porter ses propres projets. Faut pas fâcher et Ma Famille lui ont donné une visibilité ; Un homme pour deux sœurs et L’Histoire des copines ont affirmé sa volonté de créer. Sa contribution à l’audiovisuel ivoirien réside dans cette double présence : interpréter les histoires des autres et entreprendre de raconter les siennes.

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