Gilles Touré, la construction d’une élégance de cérémonie

De l’économie au stylisme
Le parcours de Gilles Touré commence loin des podiums. Après le baccalauréat, il étudie les sciences économiques et obtient une licence. Mais la mode l’attire davantage. Il se forme ensuite pendant trois ans à Paris et complète son apprentissage par des stages chez Paco Rabanne. À son retour à Abidjan, il travaille pour plusieurs entreprises avant de s’installer à son compte.
Cette formation lui permet d’associer une ambition esthétique à une connaissance technique du vêtement. Son installation ne se résume pas à la création d’un nom : elle suppose la constitution d’un atelier, d’une clientèle et d’un répertoire de modèles.
Turbulences, une première affirmation
En 1997, Gilles Touré présente Turbulences à Yamoussoukro, dans le cadre de la Semaine de l’artisan pour Uniwax et Woodin. Cette collection constitue un moment important dans l’affirmation de sa carrière. Le soutien de Marie-Thérèse Houphouët-Boigny accompagne également sa visibilité.
Son travail se développe particulièrement autour de la mode féminine et des vêtements de cérémonie. Robes de gala, ensembles et tenues sur mesure deviennent les expressions d’une recherche où le pagne occupe une place majeure. Le tissu imprimé est traité comme un matériau de construction : il faut organiser les motifs, maîtriser les volumes et trouver l’équilibre entre présence et mouvement.
Une signature dans le paysage abidjanais
Gilles Touré s’inscrit dans une filiation qu’il assume. Il reconnaît en Pathé’O un mentor, tout en développant un univers distinct, davantage associé au vestiaire féminin de réception. Cette relation montre que la transmission ne conduit pas nécessairement à reproduire le style d’un aîné.lemonde+1
Sa place dans la mode ivoirienne tient à cette capacité à donner au vêtement de cérémonie une identité de créateur. Une tenue n’est plus seulement confectionnée pour une occasion : elle devient aussi la rencontre entre une cliente, un savoir-faire et une signature.



