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Alex Ogou : d’acteur chez Robert Guédiguian à réalisateur d’Invisibles et de Cacao

Acteur, réalisateur et producteur franco-ivoirien, Alex Ogou est l’un des professionnels associés au développement des séries africaines contemporaines. Révélé comme interprète dans À la place du cœur, de Robert Guédiguian, il passe ensuite derrière la caméra et réalise notamment Invisibles, Cacao, Ô Batanga et Niabla. Avec la création de Plan A en 2021, il ajoute à son activité de réalisateur une responsabilité de dirigeant d’entreprise audiovisuelle. Son parcours relie ainsi le cinéma français, les productions africaines et la structuration de nouveaux moyens de production en Côte d’Ivoire.

De Gadago à la France, une enfance entre deux pays

Alexandre Lida Ogou naît le 30 décembre 1979 à Gadago, dans le département de Soubré, au sud-ouest de la Côte d’Ivoire. Après ses premières années auprès de sa mère, il rejoint son père en France. Il grandit notamment à Saint-Étienne. Cette trajectoire entre les deux pays précède une carrière qui se construira elle aussi de part et d’autre de la Méditerranée.

Son entrée dans le cinéma se fait à l’occasion d’un casting auquel il ne se destinait pas initialement. Il est sélectionné pour jouer dans À la place du cœur, réalisé par Robert Guédiguian. Cette première expérience lui apporte rapidement une reconnaissance : il reçoit un prix d’interprétation masculine au festival de Béziers en 1999.

Le métier d’acteur lui ouvre ainsi les portes d’un univers qu’il souhaitait également aborder comme réalisateur. Cette ambition de mise en scène existe déjà au début de son parcours, même si ce sont d’abord ses rôles qui lui permettent de travailler sur les plateaux.

Une carrière d’interprète tournée aussi vers l’Afrique

Après À la place du cœur, Alex Ogou poursuit son activité d’acteur dans différentes productions. Sa filmographie comprend notamment Il va pleuvoir sur Conakry, de Cheick Fantamady Camara, ainsi que d’autres films liés aux cinématographies africaines. Ces collaborations entretiennent son lien professionnel avec le continent.

Il participe également à des projets comme Twaaga et Bienvenue au Gondwana. Cette diversité lui permet de fréquenter plusieurs équipes et plusieurs cadres de production, avant que la réalisation de séries ne devienne le principal repère de sa carrière.

À partir de 2013, il se spécialise davantage dans la réalisation et la production de fictions sérielles. Son installation professionnelle à Abidjan ouvre une nouvelle période : il s’intéresse aux sujets qu’il découvre sur place et aux possibilités de les développer dans des formats destinés à la télévision.

Invisibles, raconter une jeunesse entraînée dans la violence

Diffusée en 2018, Invisibles constitue une étape décisive. Alex Ogou crée et réalise cette série consacrée à des enfants et adolescents d’Abidjan pris dans la violence urbaine, dans le contexte du phénomène des bandes communément appelées « microbes ». Le sujet l’interpelle alors qu’il développe ses activités en Côte d’Ivoire.

La série compte dix épisodes d’environ cinquante-deux minutes et s’inscrit dans le développement des créations originales de Canal+ en Afrique. Produite par TSK Studio, elle permet à Ogou de travailler un récit sur la durée, avec des personnages dont les trajectoires se déploient d’un épisode à l’autre.

Le projet reçoit plusieurs distinctions. Il obtient notamment un prix de meilleure série francophone en 2018, puis le NISA d’or en 2019. Ces récompenses donnent une visibilité nouvelle au travail du réalisateur et installent Invisibles comme l’un des titres centraux de son parcours.

Cette reconnaissance marque aussi son passage d’une carrière principalement identifiée à l’interprétation vers une activité de création et de direction de séries. Il ne rejoint plus seulement un récit comme acteur : il participe à sa conception et à sa réalisation.

Cacao, une saga familiale dans l’économie ivoirienne

Avec Cacao, diffusée en 2020, Alex Ogou aborde un autre univers. La série situe son intrigue dans le secteur du cacao et associe les rivalités familiales aux enjeux économiques. Elle lui permet de passer du récit d’une jeunesse marginalisée à une fiction construite autour du pouvoir, des intérêts et de la transmission.

La première saison est conçue en douze épisodes d’une cinquantaine de minutes. Elle est produite par Tanka Studio et Underscan. Ogou en assure la réalisation et participe également à sa production. La création de la série revient à Yolande Bogui : cette distinction rappelle le caractère collectif de la fabrication d’une fiction télévisée.

Cacao confirme sa capacité à travailler sur une production d’envergure, avec un récit réparti sur plusieurs épisodes et une distribution réunissant des acteurs expérimentés. Le projet donne aussi une place centrale à un secteur immédiatement associé à l’économie ivoirienne, tout en utilisant les ressorts de la saga familiale.

Une deuxième saison, composée de huit épisodes de cinquante-deux minutes, figure parmi ses réalisations de 2025. Cette continuité inscrit Cacao dans la durée et prolonge un univers qui compte désormais parmi les principaux repères de sa carrière.

Plan A, une entreprise fondée avec Canal+ International

En 2021, Alex Ogou fonde Plan A, une société de production audiovisuelle créée en partenariat avec Canal+ International. Cette structure constitue une nouvelle étape dans son activité : à la direction artistique des tournages s’ajoute la responsabilité de développer et de produire des projets.

Plan A ne doit donc pas être présentée comme une entreprise construite hors de tout lien avec les diffuseurs internationaux. Sa création repose au contraire sur une association avec Canal+ International. Elle illustre une forme de coopération entre un professionnel franco-ivoirien et un groupe déjà engagé dans la production et la diffusion de séries africaines.

Pour Ogou, cette position élargit le champ d’action. Le réalisateur intervient sur la manière de raconter une histoire ; le producteur travaille également à son existence matérielle, à son organisation et à son développement. Sa carrière réunit désormais ces deux responsabilités.

Ô Batanga et Niabla, poursuivre le travail dans le thriller

En 2023, Alex Ogou réalise Ô Batanga, une série créée par Henri Melingui, à laquelle il participe aussi comme producteur. Le projet est distingué au FESPACO de la même année. Une deuxième saison, composée de six épisodes de cinquante-deux minutes, suit en 2024.fespaco+2

Il réalise également Niabla, une série de huit épisodes créée par Aude Forget, Armand Gauz et Anthony Martin. Le FESPACO lui consacre une notice dans sa programmation de 2025, avec une présentation du parcours d’Ogou et de ses principales réalisations.

Ces projets prolongent son activité dans les récits à suspense, après Invisibles et Cacao. Ils montrent aussi qu’il occupe des positions variables selon les productions : créateur sur certains titres, réalisateur ou producteur sur d’autres. Son apport doit donc être apprécié en distinguant les responsabilités exercées dans chaque équipe.

Accompagner aussi les projets d’autres réalisateurs

L’activité de Plan A ne se limite pas aux séries qu’Alex Ogou met lui-même en scène. La société participe notamment à la coproduction de Charles Ornel : Vous allez détester m’aimer, réalisée par Kismath Baguiri pour A+ Ivoire en 2024.

Cette participation élargit encore son rôle dans le secteur. Produire une œuvre réalisée par une autre personne revient à intervenir dans son développement sans en assurer nécessairement la mise en scène. C’est une autre manière de contribuer à la circulation des projets et au travail de nouvelles équipes.

Un parcours au cœur de la transformation des séries africaines

La production constitue désormais l’un des fils conducteurs de la carrière d’Alex Ogou. De ses débuts d’acteur à la création de Plan A, il a progressivement élargi son intervention dans la fabrication des œuvres : jouer, réaliser, créer une série, puis participer à son financement et à son organisation.

Son parcours permet aussi de comprendre la place croissante des séries dans l’audiovisuel ivoirien. Invisibles, Cacao, Ô Batanga et Niabla correspondent à des univers distincts, mais reposent sur des équipes structurées, des formats longs et des partenariats de diffusion. À travers ces projets, Alex Ogou s’est installé parmi les professionnels qui contribuent à donner une continuité industrielle à la création télévisuelle africaine.

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