Obou Gbais (Né en 1992) : L’Ambassadeur du Néo-Dan

Né en 1992 à Guiglo, dans l’ouest de la Côte d’Ivoire, et partageant son temps entre Abidjan et Berlin, Obou Gbais s’est donné pour mission de concilier la frénésie de la vie urbaine connectée avec la sacralité des fondements ruraux. Diplômé d’un Master II en peinture de l’ENBA en 2019, Gbais a articulé l’intégralité de son vocabulaire plastique autour d’un héritage inaliénable : le masque Dan de la culture Yacouba.
Dans la cosmogonie Dan, le masque féminin garantit la beauté, arbitre les conflits sociaux et protège les nouveau-nés, tandis que le masque masculin insuffle la force vitale contre le danger. Obou Gbais superpose ces visages totémiques aux corps de personnages résolument contemporains (dragueurs de rue, femmes urbaines chics, foules), créant un anachronisme protecteur. Sur le plan formel, l’artiste combine l’acrylique et la sérigraphie, souvent sur des toiles de bâche. Sa palette est dominée par le « Bleu d’Obou », une teinte royale et sacrée dans le textile Dan, qu’il s’en va chiner dans les méandres du marché d’Adjamé. En multipliant les expositions (Biennale Off de Dakar, Musée Rietberg, Filafriques Genève), Obou Gbais prouve que l’identité ancestrale peut parfaitement se mouvoir et rayonner dans l’hyper-modernité.



