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Aboudia (Abdoulaye Diarrassouba, Né en 1983)

Peu d’artistes contemporains, africains ou mondiaux, ont connu une ascension globale aussi fulgurante et stratosphérique qu’Aboudia. Formé à l’Institut des Arts (INSAAC) d’Abidjan, le peintre a pourtant essuyé de nombreux refus de la part des galeries locales à ses débuts en 2005. Le basculement tragique de son art s’opère lors de la violente bataille d’Abidjan en mars 2011. Barricadé pendant dix jours dans un sous-sol situé à une douzaine de mètres des combats mortels, Aboudia observe le chaos par-dessus les murs et traduit l’horreur immédiate. Sans ressources, il mélange ses restes de peinture et réalise trente toiles viscérales documentant les corps jonchant les rues et l’épaisse fumée des pneus brûlés.

Refusant toutefois de se laisser enfermer dans l’étiquette réductrice de « peintre de guerre », Aboudia se définit avant tout comme le porte-voix des enfants marginalisés des rues et de la culture Nouchi (l’argot et le mode de vie des ghettos abidjanais). Son style, souvent qualifié de « dirty art » ou rapproché du néo-expressionnisme, est immédiatement reconnaissable : des personnages aux yeux exorbités, encerclés de crânes, de graffitis rageurs et de couleurs saturées. En 2012, la galeriste Cécile Fakhoury orchestre une exposition symbolique associant Aboudia au maître Frédéric Bruly Bouabré, adoubant le jeune artiste sur la scène locale. Aujourd’hui, Aboudia est l’un des moteurs financiers du marché de l’art contemporain africain, ses toiles atteignant des records vertigineux en salles des ventes, dépassant régulièrement les 280 000 dollars chez Christie’s ou Sotheby’s, et consolidant la position d’Abidjan comme épicentre de la création globale.

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