ArtArts & lettresPeinturePortraits

Laetitia Ky (Née en 1996) : Le Corps comme Manifeste Politique

Née en 1996 à Abidjan, Laetitia Ky a radicalement repoussé les limites des arts plastiques en utilisant une matière première inédite, charnelle et politiquement chargée : ses propres tresses capillaires. Véritable figure de proue du mouvement afro-féministe et du « natural hair », elle sculpte sa chevelure à l’aide d’extensions et de structures en fil de fer pour créer des œuvres monumentales et éphémères, défiant les lois de la gravité, qu’elle fige ensuite par la photographie.

Le travail de Laetitia Ky n’est pas une simple coquetterie esthétique, c’est un activisme visuel d’une puissance redoutable. Ses sculptures capillaires abordent frontalement l’oppression raciale, le sexisme, les mutilations génitales féminines (MGF), la grossophobie, et le harcèlement sexuel dans le sillage du mouvement #MeToo. En 2022, elle donne une assise théorique à sa pratique en publiant aux États-Unis le livre Love and Justice: A Journey of Empowerment, Activism, and Embracing Black Beauty, un ouvrage hybride mêlant mémoires, photographies d’art et manifeste féministe. Reconnue par le Guinness des records et exposée à la foire 1-54 de New York ainsi qu’au festival Kyotographie au Japon, Ky — qui mène également une carrière d’actrice au cinéma (La Nuit des rois, Disco Boy) — démontre comment l’art ivoirien peut court-circuiter les galeries traditionnelles en utilisant la viralité numérique pour diffuser un message libérateur à l’échelle planétaire.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page
Fermer
Fermer