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Jean-Claude De Lattre

Né le 3 juillet 1939 à Grand-Lahou, Jean-Claude De Lattre appartient à la génération d’artistes ivoiriens formés à la croisée des institutions coloniales tardives et des grandes écoles artistiques françaises. Son parcours, à la fois précoce et exceptionnel, s’inscrit dans l’histoire de la formation des arts plastiques en Côte d’Ivoire et dans l’émergence d’une scène artistique nationale à l’orée des indépendances.

Il effectue ses études primaires au Foyer des Métis de Bingerville — devenu par la suite un orphelinat — de 1944 à 1947, avant d’intégrer l’École primaire supérieure de Bingerville où il poursuit sa scolarité jusqu’en 1952. Il entre ensuite au Collège du Plateau à Abidjan, qu’il fréquente pendant une année. Très tôt attiré par les arts visuels, il devient instituteur à l’Atelier d’Art de Bingerville, dirigé par Charles Combes, institution emblématique de la formation artistique en Côte d’Ivoire durant la période coloniale.

En 1957, Jean-Claude De Lattre se rend en France afin d’y poursuivre ses études. Il achève son cycle secondaire au lycée de Poitiers entre 1957 et 1958, puis est admis au concours d’entrée de l’École régionale des Beaux-Arts de Tours. Il y suit une formation rigoureuse et en sort trois ans plus tard titulaire du CAFAS (Certificat d’aptitude à la formation artistique spécialisée).

En 1961, il est reçu au concours de l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris, classé 12ᵉ sur 150 candidats, performance notable qui témoigne de son talent reconnu. Il y demeure jusqu’en 1969, bénéficiant de l’enseignement de maîtres prestigieux tels que Henri-Georges Adam et Étienne Martin, tous deux membres de l’Académie des Beaux-Arts. Durant cette période, il exerce des responsabilités importantes au sein de l’institution parisienne : Massier de 1965 à 1968, puis assistant de l’Atelier de sculpture monumentale de 1968 à 1969. Son travail y est récompensé par une première médaille ainsi que par plusieurs mentions.

Son parcours académique est également marqué par un engagement institutionnel. Jean-Claude De Lattre est membre-fondateur et vice-président de l’Association universitaire des élèves des Beaux-Arts des provinces françaises. Il occupe par ailleurs la fonction de Grand-Massier de l’École des Beaux-Arts de Tours entre 1959 et 1961, confirmant son rôle actif dans la vie artistique et administrative des écoles qu’il fréquente.

Lauréat de la IVᵉ Biennale de Paris en 1965, il obtient également une première médaille de l’Institut de France en 1968, distinctions qui consacrent sa reconnaissance sur la scène artistique internationale. En 1970, il est primé Grand Prix national lors du IVᵉ Festival international de peinture de Cagnes-sur-Mer (France). En Côte d’Ivoire, il reçoit une mention au Grand Prix de sculpture à Abidjan lors du XVᵉ Grand Prix international de l’AJEAFOM, en mars 1973.

De retour en Côte d’Ivoire en octobre 1969, Jean-Claude De Lattre est nommé professeur de dessin à l’Institut national des Arts (INA). Il dispense parallèlement des cours à l’École normale d’enseignement technique d’Abidjan ainsi qu’à l’École des arts appliqués de Bingerville, héritière de l’ancien Atelier Combes. Par son enseignement, il contribue directement à la formation des premières générations d’artistes ivoiriens de l’après-indépendance.

Jean-Claude De Lattre s’éteint en juillet 1973, la même année que sa dernière distinction, mettant prématurément fin à une carrière brillante. Malgré la brièveté de sa vie, il demeure une figure marquante de l’histoire des arts plastiques ivoiriens, tant par son œuvre que par son rôle de pédagogue et de passeur entre les traditions de formation européennes et la construction d’une esthétique nationale.

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